À l’approche des départs en vacances, la question revient inlassablement : peut-on prendre le volant en tongs, en sandales ou même complètement pieds nus ? Si la sensation de liberté paraît séduisante lorsque les températures dépassent les 30 °C, les conséquences peuvent être lourdes. Voici un tour d’horizon complet des règles en vigueur en 2026, assorti d’exemples concrets et de chiffres clés pour conduire en toute sérénité.
Le cadre légal : ce que prévoit le Code de la route
L’article R 412-6 II du Code de la route, inchangé en 2026, ne mentionne aucune catégorie de chaussures interdite. Il stipule cependant que « le conducteur doit se tenir constamment en état et en position d’exécuter commodément et sans délai toutes les manœuvres ». Autrement dit, la loi impose une obligation de résultat : avoir des mouvements libres et un contrôle total du véhicule.
Exemple concret : lors d’un contrôle routier mené l’été dernier en région PACA, 14 % des automobilistes verbalisés l’étaient pour un équipement jugé inadapté, dont 38 % portaient des tongs. Cela démontre que la tolérance reste à la discrétion des forces de l’ordre.
Pourquoi les tongs représentent un risque réel
Une semelle fine, une lanière qui cède ou se déplace, et le pied glisse sous la pédale… Les sandales ouvertes ou les chaussures sans talon fermé augmentent le temps de réaction de quelques dixièmes de seconde. Or, à 130 km/h, 0,3 seconde équivaut déjà à plus de 10 m parcourus sans contrôle.
- Dans 1 accident sur 7 survenus durant les longs trajets estivaux, un équipement inadapté (chaussures, bagages mal arrimés, etc.) est pointé du doigt dans le rapport d’expertise.
- Les centres de contrôle technique estiment qu’au moins 20 % des conducteurs avouent avoir déjà perdu momentanément la pédale d’embrayage ou de frein à cause de chaussures non fixées.
Les sanctions encourues en cas de contrôle
Si un agent considère que votre chaussage compromet la sécurité, il peut dresser une contravention de 2ᵉ classe :
- Montant forfaitaire : 35 € (22 € si paiement rapide, 75 € en majoration).
- Aucun retrait de point, mais le véhicule peut être immobilisé jusqu’à ce que vous chaussiez des souliers adaptés.
Cette sanction, bien que légère financièrement, entraîne souvent un retard important sur la route des vacances et reste non contestable, les forces de l’ordre se fondant sur l’article R 412-6 II.
Impact sur l’assurance et responsabilités en cas d’accident
Les assureurs scrutent de plus en plus les circonstances d’un sinistre. Si l’expert prouve que vous conduisiez sans chaussures adaptées, votre responsabilité peut être engagée. En 2025, près de 8 % des refus partiels d’indemnisation étaient liés à une faute de conduite, dont le port de tongs.
Un avocat spécialisé en droit routier rappelle qu’un juge peut estimer qu’il y a « faute d’imprudence manifeste », réduisant ou annulant toute indemnisation. Même un contrat tous risques ne garantit donc pas le versement des dommages si la négligence est avérée.
Adopter les bons réflexes avant de prendre la route
- Gardez toujours une paire de baskets ou de mocassins fermés dans le véhicule ; en cas de contrôle, vous pourrez argumenter votre bonne foi et éviter l’immobilisation.
- Évitez d’enlever vos chaussures durant les longs trajets. Si vous devez vraiment soulager vos pieds, faites une pause toutes les deux heures : marchez cinq minutes pour favoriser la circulation sanguine, puis remettez vos chaussures adaptées avant de repartir.
En résumé, conduire en tongs ou pieds nus n’est pas formellement proscrit par la loi, mais vous expose à une amende, à l’immobilisation de votre véhicule et à des complications avec votre assureur. Pour rouler l’esprit tranquille en 2026, misez sur des chaussures fermées, stables et confortables. Votre sécurité – et celle des autres – en dépend.