Ce critère jadis incontournable pour les acheteurs immobiliers est désormais jugé “ringard” par la nouvelle génération

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Il fut un temps où la présence d’une baignoire figurait en tête de liste des exigences des acheteurs immobiliers. Aujourd’hui, la nouvelle génération juge ce détail presque « ringard ». Comment expliquer une telle volte-face ? Plongée dans l’évolution des attentes et des usages qui transforment la salle de bain.

La baignoire, autrefois symbole de confort

Dans les années 1980-2000, les annonces immobilières mettaient fièrement en avant la baignoire. Elle incarnait le bien-être, la détente et un certain statut social : rien de tel qu’un long bain moussant pour conclure la journée ! D’après une étude menée à l’époque par un cabinet de conseil en habitat, près de 75 % des acheteurs déclaraient qu’ils refuseraient un logement sans baignoire.

Mais le marché a profondément changé. L’urbanisation galopante et la réduction des surfaces habitables en zone tendue ont poussé les ménages à repenser leurs priorités. Une salle d’eau fonctionnelle, facilement accessible et rapide à nettoyer a peu à peu supplanté la baignoire jugée trop encombrante.

Pourquoi la douche à l’italienne prend le dessus ?

  • Gain de place : une douche à l’italienne nécessite en moyenne 1,5 m², contre 2,5 m² pour une baignoire classique. Dans un appartement de 50 m², ces précieux mètres carrés libérés peuvent accueillir un dressing ou une buanderie.
  • Esthétique contemporaine : l’absence de receveur apparent et les parois vitrées créent une impression d’espace, très prisée dans les intérieurs modernes et minimalistes.
  • Accessibilité améliorée : le plain-pied facilite l’accès aux personnes âgées ou à mobilité réduite, un argument de taille dans un contexte de vieillissement de la population.

Des contraintes qui pèsent lourd

Le désamour pour la baignoire s’explique aussi par ses coûts d’usage. Un bain consomme en moyenne 150 litres d’eau, soit plus du double d’une douche de 5 minutes (60 litres). À raison de trois bains par semaine, la dépense annuelle en eau peut grimper de 17 000 litres par foyer, soit l’équivalent de la consommation hebdomadaire d’une famille de quatre personnes.

À cela s’ajoutent les frais de chauffage de l’eau : remplir une baignoire à 40 °C revient jusqu’à trois fois plus cher qu’une douche rapide. Dans un contexte d’inflation des prix de l’énergie, ces chiffres poussent les acheteurs soucieux de leur budget – et de la planète – à privilégier la douche.

Les nouvelles priorités des acheteurs

  • Espace buanderie intégré : 6 acheteurs sur 10 exigent aujourd’hui la possibilité d’installer une machine à laver dans la salle de bain afin de libérer la cuisine ou l’entrée.
  • Fonctionnalité avant tout : toilettes séparées, rangements modulables et points d’eau faciles à entretenir remplacent les équipements “plaisir” jugés superflus.

Un agent immobilier parisien confie que « la question de la baignoire ne vient même plus dans 80 % des visites ». Les candidats se concentrent désormais sur la circulation dans la pièce et la qualité de la robinetterie, quitte à sacrifier la nostalgie des bains moussants.

Les exceptions qui confirment la tendance

Certaines familles avec de jeunes enfants continuent d’apprécier la baignoire pour des raisons pratiques : laver un tout-petit dans un bac haut évite de se pencher et réduit les risques de glissade. Toutefois, même ces ménages envisagent souvent une solution hybride : installer une baignoire sabot ou une grande douche avec paroi amovible pour conjuguer jeux aquatiques et praticité.

Autre niche concernée : les amateurs de bien-être pour qui le rituel du bain reste sacré. Bain bouillonnant, chromothérapie ou huiles essentielles : un segment de marché premium persiste, mais il se révèle nettement plus restreint qu’auparavant.

Vers un nouvel étalon de la salle de bain

La disparition progressive des baignoires illustre l’adaptabilité permanente du logement aux modes de vie. Dans les dix prochaines années, les promoteurs envisagent déjà des salles d’eau évolutives : parois coulissantes, douches modulables et meubles multifonctions capables de s’adapter aux différents cycles de vie d’un foyer.

Le verdict est clair : si la baignoire ne disparaîtra sans doute jamais totalement, elle n’est plus ce passage obligé qu’elle était jadis. Place à la douche à l’italienne, aux équipements économes en eau et à l’optimisation des mètres carrés ; des critères qui, pour la génération montante, comptent bien plus que la perspective d’un long bain moussant.

Belletica

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