Face aux crises majeures – qu’elles soient naturelles, technologiques ou liées à un conflit armé – l’État se prépare à diffuser, dès l’automne prochain, un tout nouveau guide destiné à renforcer la résilience de la population. Conçu sous l’égide du Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale, ce livret entend fournir des outils concrets pour aider chaque foyer à anticiper, réagir et participer à l’effort collectif en cas d’événement grave.
Un livret inspiré de modèles nordiques mais adapté au contexte français
À l’origine, les concepteurs se sont largement appuyés sur l’expérience suédoise de 2018, où une brochure similaire avait été envoyée à 4,8 millions de ménages. Toutefois, la version française – baptisée « Tous résilients » – va plus loin : environ 30 pages d’informations pratiques, illustrées et pensées pour répondre aux spécificités de notre territoire, qu’il s’agisse de zones urbaines denses, d’espaces ruraux isolés ou de littoraux exposés aux risques climatiques.
Pour concrétiser ce projet, une équipe pluridisciplinaire a mobilisé :
- Des experts en gestion de crise : sapeurs-pompiers, médecins urgentistes, ingénieurs en risques majeurs.
- Des sociologues et psychologues : leur mission était d’adapter le ton et la pédagogie, afin de rendre les messages accessibles à tous les publics, y compris les plus jeunes.
Trois piliers pour devenir acteur de sa propre sécurité
Le manuel s’articule autour de trois grands axes, chacun complété d’exemples concrets et de check-lists :
- Se préparer – Comment constituer une réserve d’eau (minimum 6 litres par personne), prévoir des denrées non périssables couvrant 72 heures, identifier les points de rassemblement communaux ou encore sécuriser son logement face aux coupures d’électricité.
- Se protéger – Reconnaître les signaux d’alerte (sirènes, notifications SMS), adapter son comportement selon la nature du danger (tempête, cyberattaque, incident chimique) et gérer les premiers secours en attendant l’arrivée des professionnels.
- S’engager – Les démarches pour rejoindre la réserve opérationnelle, participer aux cellules citoyennes de vigilance ou suivre une formation aux gestes qui sauvent. Aujourd’hui, moins de 3 % des Français sont formés aux premiers secours ; l’objectif affiché est de doubler ce chiffre d’ici cinq ans.
Le kit d’urgence : le minimum à avoir chez soi
Pour passer du discours à l’action, le guide détaille la constitution d’un « sac 72 heures ». Concrètement, il recommande :
• 6 litres d’eau potable par personne (trois jours à raison de deux litres/jour).
• Un réchaud à gaz avec cartouches, pour chauffer aliments et eau.
• Une lampe torche ou frontale et des piles de rechange – 30 % des foyers n’en possèdent pas.
• Une trousse de premiers secours enrichie de médicaments usuels, couverture de survie et gants.
• Une radio à manivelle ou à piles pour rester informé en cas de panne réseau.
• Photocopies des papiers d’identité et liste de contacts d’urgence glissées dans une pochette étanche.
Des pictogrammes simples illustrent chaque objet afin de guider les familles, y compris celles peu habituées à la lecture de consignes techniques.
Distribution : mode d’emploi et calendrier envisagé
Selon les informations recueillies auprès de sources proches du dossier, la version définitive du manuel a été validée fin juillet. Deux scénarios de diffusion sont actuellement à l’étude :
1. Un envoi postal généralisé vers les 29 millions de foyers français, accompagné d’un message institutionnel.
2. Une mise à disposition numérique prioritaire, complétée par des impressions à la demande pour limiter l’empreinte environnementale.
La date du 13 octobre – Journée nationale de sensibilisation aux risques – est évoquée pour le lancement officiel. Quelle que soit la modalité retenue, les pouvoirs publics ambitionnent un taux de lecture de 70 % au cours des six premiers mois, s’appuyant sur une campagne média et la mobilisation des mairies, des écoles et des associations de quartier.
Au‐delà d’un simple guide : un outil de cohésion nationale
Plus qu’une compilation de « bons conseils », ce livret vise à instaurer une véritable culture du risque en France. Les dernières inondations dans le Sud-Ouest, les épisodes caniculaires et les cyberattaques contre des hôpitaux l’ont rappelé : face à l’imprévisible, la préparation collective devient un impératif.
En encourageant chaque citoyen à prendre sa part de responsabilité, les autorités espèrent bâtir une chaîne de solidarité capable de résister aux chocs majeurs. Dans cet esprit, des ateliers pratiques gratuits – de l’initiation aux gestes qui sauvent aux simulations d’évacuation – seront proposés dans les mairies et les collèges, avec un objectif affiché : que chaque Français se sente en mesure de protéger sa famille, ses voisins et sa communauté.
Avec « Tous résilients », l’automne prochain pourrait bien marquer un tournant dans la manière dont la France envisage la gestion de crise. Loin de vouloir inquiéter, ce manuel se veut avant tout un catalyseur de préparation collective, pour que chacun devienne acteur de sa propre sécurité et solidaire de celle des autres.