Cette ville inflige une lourde amende aux automobilistes qui la traversent en moins de 15 minutes

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En instaurant une sanction financière pour tout automobiliste qui traverse son territoire trop rapidement, la commune helvétique de Birsfelden frappe fort : quiconque passe d’une entrée à l’autre de la ville en moins de 15 minutes s’expose à une amende salée. La mesure vise surtout les conducteurs utilisant des itinéraires de délestage quand l’autoroute voisine est engorgée.

Une initiative musclée contre la congestion routière

Située à proximité immédiate de l’autoroute A2, Birsfelden, un bourg d’environ 11 000 habitants, voyait chaque jour défiler des milliers d’automobilistes cherchant à gagner quelques minutes. Face à cette hausse de la circulation — parfois jusqu’à 20 % de véhicules supplémentaires aux heures de pointe — les rues locales, plus étroites que les grands axes, se transformaient en véritables goulets d’étranglement. Pour soulager les riverains et sécuriser les déplacements doux, la municipalité a donc établi une pénalité de 100 francs suisses (près de 108 €) pour toute traversée éclair de la ville sans arrêt identifié.

Les rouages du contrôle automatisé

Pour faire respecter la nouvelle règle, un système de caméras intelligentes a été déployé sur les principales voies d’accès. Ces dispositifs, actifs 24 h/24 et 7 j/7, lisent automatiquement les plaques d’immatriculation puis chronomètrent le temps passé entre deux points de contrôle. En cas de passage trop rapide, le contrevenant reçoit une contravention par voie postale.

  • Exemptions prévues : habitants de Birsfelden et communes limitrophes, clients munis d’une preuve d’achat local, transports publics, taxis, dépanneuses, ambulances et véhicules de police ne sont pas concernés.
  • Objectif : dissuader le « trafic de transit » sans pénaliser la vie économique et les services essentiels.

Les raisons d’un choix aussi ferme

La municipalité pointe du doigt l’« effet Waze ». Lorsqu’un bouchon s’annonce sur l’A2, les applications de navigation redirigent instantanément les usagers vers les rues secondaires. À Birsfelden, cela se traduisait par :

• Des embouteillages récurrents sur l’axe central, long de moins de deux kilomètres.
• Une augmentation du bruit et de la pollution mesurée jusqu’à 30 % de particules fines lors des pics.
• Des retards pour les bus, les élèves et les livreurs locaux.

La vice-présidente de la commune rappelle que « lorsqu’une petite agglomération absorbe le trafic d’une autoroute nationale, la qualité de vie des habitants est la première victime ». L’amende, conçue comme un dernier recours, doit redonner la priorité aux déplacements locaux et aux mobilités douces.

Vers un modèle duplicable ailleurs ?

Le gouvernement fédéral ainsi que la police régionale ont approuvé ce dispositif expérimental pour une durée initiale de deux ans. Si les résultats sont jugés satisfaisants — à savoir une diminution sensible du flux de transit et un retour à une circulation fluide — d’autres villes suisses ou européennes pourraient s’en inspirer.

  • Zones urbaines proches des grands axes autoroutiers qui souffrent du même problème envisagent déjà des contrôles automatisés de temps de parcours.
  • Certains centres-villes testent, quant à eux, des systèmes de tarification dynamique ou de zones à trafic limité pour restreindre le passage de véhicules de transit.

En imposant sa « règle des 15 minutes », Birsfelden trace ainsi la voie vers de nouvelles formes de gestion du trafic urbain : responsabiliser les conducteurs, protéger les riverains et préserver la fluidité de la circulation locale.

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