Bug massif sur 150 radars : 36 000 PV bientôt annulés et des milliers d’automobilistes remboursés

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Un important bug informatique vient d’être mis au jour sur le réseau routier britannique : depuis 2021, 150 radars automatiques enregistrent des excès de vitesse inexistants. Résultat : plus de 36 000 procès-verbaux devraient être annulés et les conducteurs lésés verront leurs amendes remboursées ainsi que leurs points restitués.

Un dysfonctionnement découvert après quatre ans

Il aura fallu presque quatre années d’anomalies répétées pour que les ingénieurs de la National Highways identifient l’origine du problème. Entre 2021 et 2024 :

  • 150 radars, soit environ 38 % des dispositifs placés sur les autoroutes et routes nationales, transmettaient de fausses informations.
  • 2 % du réseau routier britannique est concerné, mais il s’agit des axes où circulent en moyenne plus de 120 000 véhicules par jour.
  • Chaque semaine, près de 180 automobilistes recevaient un avis de contravention infondé.

Le déclencheur ? La convergence de plusieurs plaintes identiques : des conducteurs, munis de relevés GPS ou d’enregistrements embarqués, prouvaient qu’ils n’avaient pas dépassé la vitesse autorisée au moment du flash.

Comment fonctionnent ces radars « intelligents » ?

Les radars incriminés utilisent un algorithme de régulation dynamique : ils ajustent la vitesse limite dès qu’un gestionnaire de trafic modifie la signalisation – par exemple en cas de pluie, de travaux ou d’embouteillages. Normalement, la mise à jour se fait en temps réel. Or, la dernière mise à jour logicielle déployée en 2021 introduisait un décalage de quelques minutes entre l’ordre et l’application effective sur le radar. Cette latence imperceptible pour les autorités s’est révélée catastrophique pour les usagers.

Des répercussions immédiates pour les conducteurs

La défaillance a provoqué une cascade de conséquences :

  • 36 000 avis de contravention émis à tort, représentant environ 5 M£ d’amendes.
  • Des dizaines de milliers de points retirés à des automobilistes irréprochables.
  • Des coûts indirects : journées de travail perdues pour se défendre, frais de dossier, stages de sensibilisation facturés jusqu’à 200 £ par personne.

Certaines personnes ont même vu leurs primes d’assurance augmenter, faute de pouvoir justifier rapidement l’erreur.

Réaction et plan d’action des autorités

Face au tollé, la National Highways a présenté des excuses officielles. Un porte-parole a assuré que « personne ne sera poursuivi à tort » et que « les points seront réattribués dès que possible ». Le calendrier annoncé prévoit :

  1. Vérification de l’ensemble des données collectées depuis 2021.
  2. Envoi de notifications personnalisées aux conducteurs concernés.
  3. Remboursement automatique des amendes sur le compte bancaire initial ou, à défaut, par chèque.
  4. Annulation systématique des poursuites judiciaires en cours.

Un coût financier et logistique considérable

Les premières estimations évoquent une enveloppe pouvant dépasser 10 millions de livres sterling. Ce montant intègre :

  • Le remboursement des amendes et des stages de récupération de points.
  • Les frais administratifs liés aux annulations.
  • La remise à niveau des logiciels de tous les radars concernés.

Au-delà de l’impact financier, la crédibilité du système de contrôle routier est en jeu. Les autorités s’attellent donc à renforcer leurs protocoles de test et à instaurer des audits réguliers pour éviter qu’un tel scénario ne se répète.

Que faire si vous pensez être concerné ?

Les conducteurs qui soupçonnent une contravention injustifiée peuvent :

  • Vérifier la date et le lieu de l’infraction sur leur avis de PV.
  • Rassembler tout justificatif (données GPS, tickets de stationnement, témoignages) prouvant leur vitesse réelle.
  • Contacter le service dédié mis en place par la police pour signaler l’anomalie.
  • Surveiller leur compte bancaire ou leur boîte aux lettres pour le remboursement automatique.

Les autorités ont indiqué qu’aucune démarche payante ne serait exigée : toute demande de paiement supplémentaire serait manifestement frauduleuse.

Leçons à retenir pour la sécurité routière

Ce scandale rappelle que la technologie, si avancée soit-elle, n’est jamais infaillible. Pour éviter la répétition de tels incidents :

  • Maintenance régulière : un calendrier plus strict de vérifications logicielles est indispensable.
  • Transparence : informer rapidement les citoyens dès la détection d’une anomalie renforce la confiance.
  • Voix des usagers : les signalements précoces d’erreurs par les conducteurs se révèlent précieux pour détecter les failles.

En attendant, la priorité est désormais de réparer l’infrastructure et de rendre justice aux automobilistes qui, pendant des mois, ont été pénalisés sans raison. Cette affaire pourrait servir de cas d’école aux autres pays équipés de systèmes similaires.

Belletica

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