Depuis quelques années, une pratique longtemps réservée aux cercles avertis s’invite dans les discussions plus grand public : le queening, aussi connu sous le nom de facesitting. Derrière ce terme sulfureux se cache un moyen concret pour les femmes de reprendre le pouvoir sur leur sexualité, d’explorer de nouvelles sensations et, surtout, de réduire l’écart orgasmique qui persiste entre les genres.
Quand le plaisir féminin prend le dessus
Le principe est limpide : le partenaire s’allonge sur le dos tandis que la femme s’assied sur son visage pour recevoir un cunnilingus. Dans cette configuration, c’est elle qui règle la pression, l’angle et le rythme, inversant les schémas « actif-passive » encore trop courants.
Exemple concret : certaines femmes préfèrent garder un appui partiel sur leurs genoux afin de doser leur poids, d’autres se laissent complètement aller pour concentrer la stimulation sur le clitoris. Cette flexibilité séduit tant les couples hétérosexuels que les couples lesbiens, face au partenaire pour maintenir un contact visuel ou dos à lui pour une sensation de lâcher-prise total.
Un éventail de variantes pour tous les goûts
Le queening se décline de la caresse la plus douce aux expériences les plus intenses :
- Version « tendre » : la personne en dessous garde les mains libres pour soutenir les hanches ou caresser le bassin, la respiration restant aisée.
- Version « jeu de pouvoir » : légère immobilisation des poignets ou utilisation d’accessoires pour renforcer la sensation de contrôle.
- Facesitting inversé : la femme se tourne, offrant une vue différente et accentuant la stimulation des zones érogènes internes du bassin.
L’objectif n’est jamais la performance, mais la possibilité pour chacune de choisir la configuration qui lui convient le mieux. Les sexologues rappellent qu’aucune règle n’est gravée dans le marbre : il s’agit d’adapter la posture à la morphologie, la souplesse et le niveau de confort de chacun.
Réduire le « orgasm gap » : des chiffres qui parlent
Le fossé orgasmique demeure criant : des recherches menées en 2024 sur plus de 24 000 participants montrent que les hommes atteignent l’orgasme dans 70 à 85 % des rapports, contre 46 à 58 % pour les femmes. Cette différence de 22 à 30 points souligne l’importance de techniques centrées sur le plaisir clitoridien.
Le queening place justement le clitoris au cœur de l’action : dans une enquête interne menée par une grande communauté sex-positive européenne, 7 femmes sur 10 déclarent avoir atteint l’orgasme en moins de cinq minutes lorsqu’elles dirigeaient la stimulation à l’aide d’un facesitting, contre seulement 3 sur 10 en pénétration seule.
La parole de Luciole : « J’ai découvert de nouvelles sensations »
Luciole, 37 ans, raconte sa première expérience : « Je craignais de peser trop lourd ou de paraître “trop à l’aise”. Finalement, voir mon partenaire aussi enthousiaste m’a détendue et j’ai pu ajuster chaque mouvement. Résultat : un orgasme plus intense que d’habitude, et surtout la sensation d’être aux commandes de mon plaisir ».
Aujourd’hui, elle se dit « plus confiante », parle plus aisément de ses envies et n’hésite plus à proposer des variantes : « Parfois, je garde mes collants, la texture ajoute une dimension supplémentaire ». Son témoignage illustre l’impact positif que peut avoir cette pratique sur l’estime de soi et l’aisance corporelle.
Instaurer le queening en douceur dans son couple
- Oser la conversation : évoquez vos fantasmes dans un moment calme, sans pression. Expliquez vos envies et vos limites.
- Définir un signal d’arrêt : un petit geste (tapotement de la cuisse, pression sur l’épaule) suffit pour demander une pause ou du répit.
- Progresser graduellement : commencez en appui sur les genoux, puis augmentez la pression dès que le partenaire se sent à l’aise.
- Miser sur le confort : un oreiller ferme sous la tête peut soulager la nuque de la personne allongée ; un coussin sous les genoux aide à stabiliser la posture.
- Varier les sensations : jouer avec l’angle du bassin, la vitesse de frottement, ou intégrer des caresses manuelles pour explorer toute la palette de plaisirs.
Un outil d’auto-empowerment à portée de toutes
Adopter le queening, c’est bien plus qu’essayer une nouvelle position : c’est affirmer que le plaisir féminin mérite d’être au centre de la relation. Dans un monde où l’orgasme féminin est encore trop souvent relégué au second plan, cette pratique offre une voie simple et ludique pour rééquilibrer la balance. Comme le résume Luciole : « La vie est courte ; expérimentons, communiquons, respectons-nous… et multiplions les plaisirs ! »